De l’importance des rencontres, Sur la route de Perth 2/2

Des plaines du Nullarbor jusqu’à Perth, nos aventures ont pris une tournure inattendue. Deuxième partie du récit de notre traversée d’Adélaide à Perth.

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Il m’est difficile d’évoquer la deuxième partie de nos aventures sans consacrer quelques lignes à une rencontre marquante.

À peine entamée la traversée du Nullarbor, le désert séparant le South Australia du Western Australia, nous nous dirigeons vers Head of Bights avec espoir. On nous a dit qu’il serait possible d’apercevoir des baleines depuis les berges. Un rêve pour Christopheur le rockeur, une étape obligée avant le goon pour Étienne. Matinaux comme à notre habitude — il est à peine midi, nous débarquons sur le parking à quelques centaines de mètres des berges. Nous apercevons un 4×4 qui ne nous semble pas inconnu. C’est le Landcruiser des Bretons rencontrés à Adélaïde.

Quelques minutes plus tard, nous faisons plus ample connaissance, le regard fixé vers l’horizon, à la recherche des baleines. Nous avons eu la chance d’en apercevoir, et, surtout, le courant passe très bien avec Claire et Cédric. Ils rejoignent notre petit groupe. En l’espace de quelques jours, nous découvrons deux personnes admirables. Un couple incroyable qui se complète à merveille. Cédric aime porte la moustache, boire de la bière et partager les dernières blagues à la mode ; Claire est une fashionista en quête de rédemption (ou, comme elle le dit elle même « En Australie, j’ai appris à ne pas me maquiller tous les jours »), incroyablement gentille, toujours là pour nous apporter de la bonne humeur. Beaucoup de qualités pour ceux qui sont très vite devenus nos Papa et Maman de substitution. Véritables remparts contre les petits coups de blues, Pa et Man ont apporté un souffle de vent frais à nos aventures.

« L’essentiel de la vie sont les êtres que l’on rencontre sur son chemin » Anonyme
« L’essentiel de la vie sont les êtres que l’on rencontre sur son chemin » Anonyme

Après quelques soirées passées à faire du feu, rigoler et nous lancer de splendides défis — Man se souviendra toute sa vie avec regret de ma rencontre, moi qui ai osé défier Pa de se laisser pousser la barbe — nous nous arrêtons à Eucla. Dernière étape avant notre première véritable route de 4×4, plus de deux mois après l’achat de Barni.

Dès le lendemain, on s’attaque à la Balladonia Road, une Dirt road de 200 km qui nous permet d’éviter un détour de plus de 350 km par Norseman. Accessible depuis la Eyre Highway, elle permet de rejoindre directement Espérance.

A quelques minutes de notre première Dirt Road
A quelques minutes de notre première Dirt Road

Mais, après seulement quelques centaines de mètres, cela se complique pour nos amis français. Le van s’enlise, très vite suivi du 4×4 de Claire et Cédric. Nous sommes restés en arrière, courageux, mais avant tout curieux. Nous n’avons pas été déçus du spectacle…

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« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves »
« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves »

 

Seule voiture épargnée, nous embarquons Cédric et allons chercher de l’aide, à 2 km de là, sur le parking d’une station essence. Nous y rencontrons un Australien très sympathique qui s’empresse de venir nous aider. Il est équipé d’un 4×4 avec un treuil et s’avère être un expert des situations compliquées. En deux temps trois mouvements, il dégage les deux voitures enlisées. Nous pouvons reprendre la route, mais, tant pis pour nos envies aventurières, nous continuerons par la Highway…

Dès le lendemain soir, nous nous attaquons au Cape Le Grand National Park. Nous arrivons de nuit, dans un décor apocalyptique. Des feux contrôlés ont été allumés un peu partout dans le parc, et la plupart des itinéraires sont inaccessibles. Après avoir passé la nuit au camping, nous nous attaquons à une randonnée de 3 h aller/retour. L’épreuve est délicate. Il faut parfois escalader des rochers ou éviter de glisser sur les pentes escarpées. La récompense est à la hauteur de l’effort. Une fois arrivés sur la Hellfire Beach, les paysages sont à couper le souffle : sable blanc, eau turquoise, etc.

Ca grimpe
Ca grimpe

 

Mais le résultat est à la hauteur des efforts consentis
Mais le résultat est à la hauteur des efforts consentis
Ca brûle à quelques kilomètres de nous
Ca brûle à quelques kilomètres de nous
Au coucher de soleil, un sentiment indescriptible
Au coucher de soleil, un sentiment indescriptible

Une fois de retour de ce périple, nous croisons un Ranger affolé : « Nous avons failli commencer les opérations de recherche, nous étions inquiets », s’époumone-t-il. Après quelques minutes de discussion, il nous apprend que le sentier était fermé (ce qui n’était mentionné nulle part), et que nous aurions dû quitter notre emplacement de camping de grand matin (ce que nous n’avons pas vu en y arrivant de nuit)… Nous reprenons donc la route en direction d’Espérance. Mario décide de nous laisser tomber, et nous nous trouvons donc bloqués dans cette petite ville soporifique pour trois jours, le temps d’effectuer les réparations nécessaires. Du coup, nos journées sont rythmées par la pêche, nos soirées par le goon.

Mario ayant retrouvé sa pleine santé, nous reprenons la route et nous attaquons à une deuxième piste de 4×4. Étienne et Christopher décident de tenter la route, résistent quelques centaines de mètres et… finissent stoppés net après avoir glissé dans une ornière. C’est un nouvel échec pour bâton blanc. Étant perdus au milieu de nulle part, nous décidons de défaire une partie de nos sangles et, grâce à l’aide de Claire, nous en confectionnons une superbe tresse. Après quelques minutes d’effort, bâton blanc est sorti de terre. Nous décidons de continuer uniquement avec les 4×4 vers la Munglinup Beach. L’endroit est splendide. Après quelques minutes passées à contempler les environs, nous décidons d’aller chasser le crabe. L’expérience est amusante, violente et se conclut sur un beau succès : plus d’une vingtaine de crabes composent notre repas du soir. Un vrai délice.

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Pêcher un crabe c'est simple, il suffit de le planter au couteau
Pêcher un crabe c’est simple, il suffit de le planter au couteau

 

La prochaine étape est la Valley of the Giants, un parc de 386 000 hectares de karis (eucalyptus géants). Les arbres, parfois âgés de plus de 400 ans, peuvent atteindre les 15 mètres de circonférence. Une visite guidée gratuite est programmée plusieurs fois par jour pour les visiteurs. On y apprend notamment à distinguer les différents types d’arbres et végétaux typiques de la région, ainsi que leurs vertus thérapeutiques.

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Dernière halte avant Perth, la région de Margaret River. C’est ici que l’océan indien et austral se rencontrent, au Cap Leeuwin.

Cap Leeuwin
Cap Leeuwin

 

Entre les visites de vignobles et les paysages magnifiques, notre cœur balance :

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Il ne nous reste plus que quelques centaines de kilomètres avant d’atteindre notre destination. Dans un des centres d’information de la région, nous avons entendu parler d’une promenade possible en 4×4 le long de la Whitehill Beach. Après avoir dégonflé les pneus des véhicules, nous nous y lançons.

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C'est comme ça qu'on montre l'exemple 'man?
C’est comme ça qu’on montre l’exemple ‘man?

Nous voilà maintenant aux abords de Perth. Après une dernière soirée dans les environs de la ville, il est temps pour nous de dire au revoir à Claire et Cédric, nos ‘Pa et ‘Man d’adoption.

Ils pensaient nous quitter sans un bruit... C’est un échec!
Ils pensaient nous quitter sans un bruit… C’est un échec!

Jamais une blessure, toujours une leçon, les prochaines retrouvailles sont déjà fixées : pour la Gibb River d’abord, en Belgique ensuite, pour les vieilles charrues enfin.

D’ici là, bon vent ‘Pa et ‘Man.

Et bonjour à tantine !

 

 

 

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